Résumé
Derrière le terme néo-polar se révèle surtout la dimension sociale du genre : ancré dans le quotidien, il s’intéresse moins au "comment" qu’au "pourquoi" on tue. Ses auteurs déplacent ainsi le regard et font de l’engagement politique un élément indissociable de leur écriture. Pour éviter de réduire le néo-polar à un simple "roman noir de gauche", l’autrice parle plutôt de "politique du désespoir" : ses écrivains se tiennent à distance d’une gauche qu’ils jugent trahie et qu’ils critiquent vivement. Le néo-polar devient alors à la fois politique du désespoir et poétique de l’échec. Il porte la souffrance d’une société qui aurait dû changer.